L'Arc de Triomphe — Histoire de Napoléon à nos jours
Commandé en 1806, achevé en 1836, flamme éternelle depuis 1923. Les 220 ans d'histoire de l'Arc ont été façonnés par chaque chapitre majeur de l'histoire moderne française.
L'Arc de Triomphe fut commandé par Napoléon en 1806 pour commémorer ses victoires. Il n'en vit jamais l'achèvement — les travaux durèrent 30 ans et l'inauguration eut lieu en 1836, bien après son exil et sa mort. Depuis, le monument a été au cœur de tous les grands chapitres de la vie nationale française : les funérailles de Victor Hugo (1885), le défilé de la Libération (1944), la Tombe du Soldat Inconnu (1920), la flamme éternelle (1923), et le défilé militaire annuel du 14 juillet. Ce guide constitue une chronologie factuelle claire.
1806-1836 — de la commande à l'achèvement
Napoléon commanda l'Arc le 18 février 1806, après sa victoire à la bataille d'Austerlitz (décembre 1805). Le site choisi fut la place de l'Étoile (aujourd'hui place Charles-de-Gaulle) — à l'époque la limite occidentale de Paris, sur une petite colline au croisement de grandes voies. L'architecte Jean-François Chalgrin conçut un arc de triomphe inspiré de l'arc de Titus à Rome, mais en plus imposant — 50 mètres de haut, 45 mètres de large.
La construction débuta en 1806 mais avança lentement. La chute de Napoléon en 1814-1815 interrompit les travaux pendant près d'une décennie. La Restauration reprit le chantier dans les années 1820, mais ce fut Louis-Philippe qui acheva et inaugura l'Arc le 29 juillet 1836 — exactement 30 ans après la commande de Napoléon. Napoléon lui-même était mort en 1821 à Sainte-Hélène ; sa dépouille ne fut rapatriée à Paris qu'en 1840, lorsqu'elle passa sous l'Arc désormais achevé en route vers les Invalides.
1840-1920 — le monument symbole de la France
Le cortège funèbre de Napoléon passa sous l'Arc le 15 décembre 1840 — acte symbolique qui transforma le monument d'un triomphe napoléonien en symbole national français plus large. Les funérailles de Victor Hugo en 1885 furent la grande cérémonie d'État suivante sous l'Arc — le cercueil de l'écrivain demeura exposé sous la voûte une nuit entière, en présence d'un million de Parisiens.
La cérémonie de 1885 fit de l'Arc le lieu de la commémoration nationale française. La Première Guerre mondiale (1914-1918) ouvrit le chapitre suivant — la France perdit 1,4 million de morts, plus qu'aucune autre puissance alliée proportionnellement. Après l'Armistice, la question de savoir où inhumer le « soldat inconnu » symbolique fut tranchée : il reposerait sous l'Arc de Triomphe.
1920-1923 — la Tombe et la flamme éternelle
Le 11 novembre 1920 (deuxième anniversaire de l'Armistice), le corps d'un soldat français inconnu du front occidental fut inhumé sous l'Arc de Triomphe. La Tombe du Soldat Inconnu fut le premier mémorial de ce type en Europe ; celui de Westminster Abbey suivit quelques jours plus tard. L'intention était d'honorer l'ensemble des morts français de la guerre à travers ce soldat unique non identifié.
Le 11 novembre 1923, la flamme éternelle (Flamme du Souvenir) fut allumée au-dessus de la tombe. Elle brûle sans interruption depuis lors — y compris pendant l'occupation allemande de Paris (1940-1944), lorsque la flamme fut entretenue par les occupants. La flamme est maintenue vivante depuis plus de 100 ans ; la cérémonie de ravivage chaque soir à 18h30 se déroule quotidiennement sans interruption.
De 1944 à nos jours
Le 26 août 1944, lendemain de la Libération de Paris, le Général de Gaulle conduisit les Forces Françaises de l'Intérieur dans un défilé descendant les Champs-Élysées depuis l'Arc de Triomphe jusqu'à l'Hôtel de Ville. Cette marche symbolisa le rétablissement de la souveraineté française après quatre années d'occupation allemande. L'Arc fut choisi comme point de départ — le symbole le plus puissant de l'identité nationale française.
Depuis lors, l'Arc constitue le cadre central des cérémonies nationales françaises. Le défilé militaire annuel du 14 juillet (Fête nationale) y trouve son origine. Le Président dépose une gerbe sur la Tombe du Soldat Inconnu lors de l'Armistice (11 novembre), du 8 mai (Victoire 1945) et d'autres occasions d'État. L'Arc fut empaqueté par les artistes Christo et Jeanne-Claude en 2021 — une réalisation posthume de leur vision de 1962, intitulée « L'Arc de Triomphe, Wrapped ». Cette installation temporaire attira 6 millions de visiteurs en 16 jours.
Questions fréquentes
Qui a construit l'Arc de Triomphe ?
Napoléon le commanda en 1806 après sa victoire à Austerlitz. L'architecte Jean-François Chalgrin le conçut sur le modèle de l'Arc de Titus à Rome. La construction dura 30 ans ; l'Arc fut achevé et inauguré par Louis-Philippe en 1836.
Quelle est la hauteur de l'Arc de Triomphe ?
50 mètres de hauteur (164 pieds), 45 mètres de largeur. La plateforme supérieure se situe à environ 50 mètres au-dessus du sol. 284 marches mènent de l'espace central à la plateforme ; un ascenseur est également disponible.
Quand la flamme éternelle fut-elle allumée ?
Le 11 novembre 1923, à la Tombe du Soldat Inconnu sous l'Arc. La flamme brûle sans interruption depuis lors — à travers la Seconde Guerre mondiale, l'occupation allemande et plus de 100 ans d'histoire de France. Elle est ravivée chaque soir à 18h30 lors d'une brève cérémonie.
Pourquoi l'empaquetage de l'Arc par Christo en 2021 fut-il significatif ?
Il s'agissait de la réalisation posthume de la vision qu'avaient eue les artistes Christo et Jeanne-Claude en 1962 : emballer l'Arc de Triomphe de tissu. Les deux artistes étaient décédés avant que le projet ne puisse voir le jour ; l'installation de 2021 par leurs ayants droit a donné vie au concept original. L'emballage a duré 16 jours et attiré 6 millions de visiteurs.
Napoléon a-t-il pu voir l'Arc achevé ?
Non — Napoléon a commandé l'Arc en 1806 mais est décédé à Sainte-Hélène en 1821, 15 ans avant son achèvement. Son cortège funèbre est passé sous l'Arc terminé le 15 décembre 1840, lorsque sa dépouille fut rapatriée à Paris et inhumée aux Invalides.
Qui repose dans la Tombe du Soldat Inconnu ?
Un soldat français non identifié du Front occidental de la Première Guerre mondiale, choisi par le gouvernement français et inhumé sous l'Arc le 11 novembre 1920. Il représente l'ensemble des soldats français morts durant la Grande Guerre (environ 1,4 million de victimes) et, par extension, tous les morts français de toutes les guerres.